Abandonnées dans la rue par leur employeur ou devenues sans emploi, des domestiques éthiopiennes attendent désespérément un rapatriement dans leur pays. Dans la nuit, de jeunes femmes éthiopiennes veillent et chuchotent en amharique, assises sur un bout de trottoir sous les fenêtres de leur consulat, à Hazmieh, en banlieue de Beyrouth. D’autres se sont endormies à même le sol ou sur un morceau de carton. Serrées devant des valises bon marché amassées contre le mur, elles résument les années passées au Liban, à astiquer les maisons et à espérer améliorer leur sort.
Voilà plusieurs semaines que ce lieu résonne des souffrances des Ethiopiennes. Elles forment le plus grand contingent des domestiques étrangères au Liban, qui subissent, elles aussi, la grave crise économique et financière que traverse le pays. Certaines ont été abandonnées par leur employeur devant le consulat. Mazaa, 23 ans, ancienne nourrice et femme de ménage, croix autour du cou, cache son visage. « Ma Madame [employeuse] m’a dit qu’ils ne pouvaient plus me payer. Je gagnais 150 dollars. Je pouvais rester chez eux sans salaire. J’ai refusé. Ils m’ont conduite ici, et m’ont dit : “Ton pays n’a qu’à s’occuper de toi.” »
Lemonde

